Dans 99% des cas, les boitiers reflex vendus de nos jours sont en kit avec un objectif de type zoom dit "trans-standard" (genre 17-55mm en APS-C, soit environ 24-75 en équivalent 24x36.
Ce type de zoom possède l'avantage d'être polyvalent en offrant à la fois un grand-angle et un “petit” télé-objectif, et toutes la plages de focales entre les deux, pour un encombrement réduit.
La fabrication en nombre de ces zooms à ouverture glissante de qualité variable selon les modèles permet d'en diminuer le coup.
Souvent l'amateur débutant qui veut franchir le pas d'acheter un second objectif aura tendance à compléter sa panoplie par un autre zoom, par exemple un télé-objectif de type 70-300 (équivalent à 140-450 en APS-C).
Ce n'est pas forcément une mauvaise décision, tout dépend bien entendu de ses besoins. Mais il est dommage de négliger une autre voie, tout aussi intéressante : le choix d'une focale fixe qualifiée de standard, le 50 mm.
Pourquoi une focale fixe ?Moins polyvalente qu'un zoom, l'objectif à focale fixe a pour lui de nombreux avantages :
sur le plan optique, il sera souvent bien mieux optimisé qu'un zoom qui est plus ou moins performant optiquement selon la focale employée. En résulte une qualité d'image meilleure (en définition ou “piqué”) et une ouverture maximale bien plus grande, ouvrant d'autres possibilités photographiques (on y reviendra).
Le fait de ne pas pouvoir changer votre cadrage d'un coup de poignet vous contraindra à avoir recours à la technique antique dite du “zoom avec les pieds”. Et mine de rien, le fait de devoir vous déplacer vous emmènera rapidement à mieux regarder votre sujet et à soigner votre cadrage. Un excellent exercice !
Pourquoi un 50 mm ?Consacrée par Oskar Barnack, le créateur du Leica, la norme de 50 mm fut considérée comme “normale”, c'est à dire “en accord avec la vue humaine”. En réalité, sur un format 24x36, la véritable norme serait de 43mm, mais les 50 étaient moins cher à produire.
Les appareils furent longtemps vendus avec un objectif à 50mm, bien avant l'avènement des zooms. Produit en masse avec une formule optique optimisée au fil du temps, ils sont souvent peu chers (comparés aux autres focales fixes d'ouverture équivalentes). De plus, le 50mm revenant à la mode ces derniers temps avec la popularisation du reflex numériques, il très facile de s'en procurer un d'occasion. On peut même se pencher sur les antiquités de l'époque argentique souvent compatibles avec les reflex modernes (en vérifiant bien tout de même les caractéristiques du modèle, quitte à perdre quelques automatismes pour une approche encore plus “old-school”).
Enfin nombre de grands photographes (comme Cartier-Bresson, pour ne citer que lui) n'ont utilisé que cette focale. De quoi donner des envies de se frotter à cette contrainte...
Quels avantages ?En terme de focale, le 50mm peut paraitre un peu “bâtard”. Les photographes de rue le trouveront trop long (et lui préfèreront un 24 ou un 35 mm), les portraitistes le trouveront trop court, et l'exercice du “tout au 50” et moins évident qu'il n'y parait. Mais monté sur un reflex à capteur APS-C (l'immense majorité des boitiers amateurs), ce brave 50 mm devient un 75 mm, presque un petit télé-objectif, assez sympathique notamment en portrait (où on considère généralement la focale de 85 mm comme idéale).
La qualité optique de cette focale fixe permettra aussi d'expérimenter l'usage des très grandes ouvertures, la plupart des 50mm ouvrant à f/1.8 voire f/1.4. Soit 1.5 à 2 IL supplémentaires comparé à l'ouverture maximale de f/3.5 de la plupart des zooms de kit (et encore, en général à 50 mm, ces zooms ont souvent une ouverture maxi de f/4 ou f/4.5).
Ces très grandes ouvertures permettront d'une part de conserver une vitesse raisonnable en lumières faibles, mais aussi de jouer avec des profondeurs très courtes et des flous d'arrière plan très diffus.
Par ailleurs, son poids et son encombrement sont souvent faibles, d'où un gain en discrétion et en maniabilité. Monté sur un petit reflex, l'ensemble sera presque aussi compact qu'un bridge. Bien pratique en soirée par exemple, où sa luminosité permettra de pallier à la faible lumière.
Enfin, s'il on est pas réfractaire à l'occasion, il est possible de dégotter un exemplaire pour une centaine d'euros. Si on est prêt à sacrifier quelques automatismes on peut parfois tomber sur des perles rares : j'ai ainsi déniché un 50mm f/2 Pentax à mise au point manuelle à l'occasion d'un vide-grenier. Lequel s'est finalement négocié à... 12 euros !
Quelques liens3 raisons de choisir un 50mm
Pourquoi utiliser un 50mm
Quel 50 mm choisir ?